Tu te demandes si tes confrères se sont vraiment mis à l'IA, ou si c'est surtout du bruit sur LinkedIn ? Les chiffres officiels répondent clairement : une agence d'architecture sur deux l'utilise déjà. Et les architectes sont nettement en avance sur le reste des entreprises françaises.
Voici ce que disent les dernières enquêtes : qui s'y est mis, pour quoi faire, et ce qui retient les autres.
Une agence sur deux utilise déjà l'IA
Le chiffre vient du baromètre de la santé économique des agences d'architecture, réalisé par le Crédoc pour le ministère de la Culture. 2 434 agences ont répondu entre septembre et octobre 2025. À la question « Utilisez-vous des outils d'intelligence artificielle dans votre activité professionnelle ? » :
- 6 % répondent oui, toujours ou presque ;
- 46 % oui, parfois ;
- 24 % non, mais aimeraient le faire ;
- 25 % non, et ne le souhaitent pas.
Soit 52 % d'agences utilisatrices. Pour comparer : dans les petites entreprises françaises de 1 à 4 salariés, tous métiers confondus, la part est de 23 % selon le baromètre France Num 2025. Dans les entreprises de 10 salariés et plus, elle est de 18 % selon l'Insee, et de 20 % en moyenne dans l'Union européenne selon Eurostat. Les architectes ne sont pas en retard : ils sont parmi les premiers.
Le chiffre le plus parlant est peut-être celui-ci : près d'une agence sur quatre ne s'en sert pas encore, mais aimerait le faire. L'envie est là. C'est le passage à l'acte qui manque.
Plus l'agence est petite, moins elle s'y met
L'écart selon la taille est net :
- 44 % des agences d'une personne utilisent l'IA ;
- 58 % des agences de 2 à 5 personnes ;
- 65 % des agences de 6 personnes et plus.
Même seul, un architecte s'y met presque deux fois plus que les autres très petites entreprises (44 % contre 23 %). Mais les plus petites agences sont deux fois plus nombreuses à refuser d'essayer : 31 %, contre 12 % chez les plus grandes. D'autres écarts ressortent : 65 % des agences créées il y a moins de deux ans utilisent l'IA, et 58 % des agences en métropole, contre 39 % en commune rurale.
C'est le même schéma partout en France : selon l'Insee, 15 % des entreprises de 10 à 49 salariés utilisent l'IA, contre 58 % de celles de plus de 250. Ce n'est pas une question d'intérêt. Quand tu portes ton agence seul, tu n'as simplement personne pour prendre le temps de tester, de choisir et d'installer.
À quoi les agences s'en servent vraiment
Parmi les agences qui utilisent l'IA, voici les usages déclarés dans le même baromètre :
- 79 % pour rédiger des textes ;
- 37 % pour créer des images ;
- 36 % pour gérer l'administratif de l'agence ;
- 33 % pour préparer les candidatures et les offres ;
- 20 % pour analyser les appels d'offres ;
- 15 % pour suivre l'actualité et la concurrence ;
- 10 % pour contribuer à la conception.
En moyenne, une agence utilise l'IA pour 2,4 usages différents.
Retiens surtout la dernière ligne : seulement 10 % s'en servent pour concevoir. Les architectes utilisent l'IA pour tout ce qui entoure la conception (les textes, l'administratif, les réponses aux appels d'offres), pas pour la remplacer. C'est exactement le temps qui ne se facture pas.
Ce qui freine les autres
Une agence sur deux (52 %) dit craindre le développement de l'IA. Parmi elles, les craintes citées sont :
- 63 % le pillage des données ;
- 53 % la perte d'emploi ;
- 10 % la perte de savoir et de compétences ;
- 8 % la fiabilité des résultats.
Autre chiffre qui interpelle : moins d'une agence sur cinq (18 %) sait qu'elle peut s'opposer à ce que ses textes et ses données servent à entraîner des IA. C'est pourtant prévu par l'article 4 de la directive européenne 2019/790 sur le droit d'auteur.
Chez les entreprises qui n'utilisent pas du tout l'IA, l'Insee relève deux raisons principales : 71 % n'en voient pas l'utilité, et 54 % disent manquer de compétences en interne.
L'Ordre des architectes a publié en juillet 2026 un rapport sur l'IA et la déontologie. Il pose cinq principes : transparence envers le client, responsabilité de l'architecte sur ce qui est produit, confidentialité des données du projet, propriété intellectuelle, et devoir de conseil.
Une profession sous pression
Ces chiffres arrivent dans un contexte tendu. Selon le baromètre CNOA-Batiactu 2025, mené auprès de 1 326 architectes :
- 47 % jugent leur activité dégradée ;
- 62 % sont pessimistes pour les mois à venir ;
- 55 % s'inquiètent de l'évolution du rôle de l'architecte, contre 49 % un an plus tôt.
Quand les projets se font plus rares, chaque heure passée sur un compte rendu ou une réponse à un appel d'offres compte double.
Ce que ça change pour ton agence
- Commence par ce qui n'est pas de la conception. Textes, administratif, candidatures : c'est là que tes confrères gagnent du temps, et là que le risque d'erreur est le plus faible.
- Garde tes données chez toi. La première crainte de la profession, c'est le pillage des données. Préfère des outils où tes plans et tes documents restent dans ton compte, à ton nom, et indique sur ton site que tu refuses que tes contenus servent à entraîner des IA.
- Dis-le à tes clients. C'est la première recommandation de l'Ordre. Un client qui sait comment tu travailles te fait davantage confiance.
À lire aussi : organiser son agence quand on est seul, et faire sa veille d'appels d'offres.
Et si tu n'as pas le temps de t'y mettre ?
C'est le frein numéro un des petites agences : personne pour tester, choisir et installer. Chez SKELVIA, on installe dans ton agence une équipe d'employés IA, pilotée par Maya. Tu leur écris sur Telegram comme à des collègues : l'un prépare tes rendus, un autre tes publications, un autre ta prospection. Ton équipe tourne sur un serveur à ton nom, avec tes propres accès : pas de plateforme entre toi et tes fichiers.
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Questions fréquentes
Combien d'architectes utilisent l'IA en France ?
52 % des agences d'architecture utilisent l'IA : 6 % toujours ou presque, 46 % parfois. C'est le résultat du baromètre de la santé économique des agences d'architecture (Crédoc pour le ministère de la Culture), auprès de 2 434 agences à l'automne 2025.
À quoi les architectes utilisent-ils l'IA ?
Surtout pour rédiger des textes (79 % des agences utilisatrices), créer des images (37 %), gérer l'administratif (36 %) et préparer les candidatures et les offres (33 %). Seulement 10 % s'en servent pour contribuer à la conception.
L'IA peut-elle utiliser mes plans et mes textes sans mon accord ?
La directive européenne 2019/790 te permet de t'opposer à ce que tes textes et tes données servent à entraîner des IA. Moins d'une agence sur cinq le sait. Le plus simple reste de choisir des outils où tes fichiers restent dans ton compte, à ton nom.
Faut-il prévenir ses clients qu'on utilise l'IA ?
L'Ordre des architectes recommande la transparence : informer le client des outils utilisés, et rester responsable de ce qui est produit. L'IA prépare, l'architecte décide et signe.
